14 septembre 2007

so what

Mardi la fatigue pesait sur mes épaules, dans les jambes, et le dos, j'ai passé mes journées à tordre mon dos, pour écarteler les côtes, assouplir la colonne vertébrale. Je pleurais pour tout, et beaucoup d'histoires anciennes.

Mercredi j'ai commencé à suer sur le front et dessous les bras, par bouffées de chaleur irrégulières, mon visage prenait des airs exsangues, puis reprenait ses couleurs aussi rapidement, rien ne me convenait, ni le froid de la climatisation, ni ma chaleur confinée des bureaux de travail. Assise, debout, rassise, en marche. Puis il fallut tenir sur une chaise pendant une heure, c'était réunion. J'avais un fer à repasser dans le ventre, à vapeurs d'eau. Tout mon sang était aspiré vers le centre, un déséquilibre entier des flux réguliers - et des brûlures d'aridité. Puis mon homme est passé, nous avons mangé ensemble. La tête tambourinait, il a tenté de m'aider à expulser.

Jeudi le réveil a commencé dans la douleur, les yeux gonflés, les idées brouillées, les parties génitales je pouvais en sentir le poids, la masse, le mouvement, un véritable lièvre de mer se lovant autour de mes ovaires. Jeudi je me suis traînée jusqu'au métro, non je ne pouvais pas marcher. Une envie de pleurer que je retenais avec peine. Jeudi je rasais les murs, des étourdissements, quelques-uns, je ne pouvais pas m'empêcher de fermer les yeux. Dans le ventre, le très bas-ventre, des griffes tentaient de s'accrocher à la paroi moite et visqueuse de l'intérieur, autour du nombril jusque sur le cordon intérieur. Jeudi j'en aurais rampé.

Jeudi j'ai su que ce ne serait comme rarement avant, quand j'ai senti le moment venu d'expulser j'ai pris un verre et je l'ai rempli, d'habitude j'ai des gouttes épaisses, puis un filet. Le verre s'est rempli aux trois quarts, un grand verre. Et cette impression faussée que ma tête n'était plus irriguée, de la face au cerveau.

Vendredi même sentiment d'apesanteur. Un mal vague de tête.Une douleur moindre. Un retour à la normale s'annonce.

Demain, un peu moins, après-demain encore moins, lundi je pourrais m'oublier enfin. Aimer pleinement mon homme, vide pour qu'il me remplisse.

Lundi il sera là, il me l'a promis. Il m'a dit, pas trop tôt, c'est tout. 

Posté par Lolabrok à 17:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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