16 septembre 2007
les mots de mon amour
Non je ne voulais pas regarder les textes partir un à un, je ne voulais pas, et encore moins remonter aux textes que je souhaitais lire plus tard, bien plus tard, et maintenant je ne le pourrai plus. Il faudrait que je les lise maintenant, et je les lirai maintenant je pense, mais je ne devrai pas, je crois, je ne suis pas assez forte pour les lire encore - lire vos autres femmes, lire vos autres vies, lire l'avant.
De voir nos textes aussi quitter la blogosphère, effacés sur le mien par 20six, les vôtres une partie par la plate-forme, les autres par vous - et même si je sais que vous en avez gardé les enregistrements (oui mais si votre ordinateur pète les plombs, les avez-vous sur disquettes ?), ces textes me les donnerez-vous ? c'est pour ça que j'ai fermé les yeux, pour ne pas les voir partir, ceux-là qui ont fait ma fierté d'être à vous aux yeux de beaucoup.
Aujourd'hui j'y vais sur votre blog, je me dis, voilà nos textes vous avez dû les effacer, maintenant je peux commencer la lecture d'avant...
et j'ai vu qu'il restait encore deux de nos textes, les deux premiers je crois, pas tout à fait avant ça il y a eu quelques lignes déjà -
mais voilà, ce texte-ci je le garde jusqu'au jour où vous m'offrirez une seconde fois les autres sur un autre support. Le voici, celui qui a fait ma toute première fierté (de cette fierté hispanique, de cette fierté féminine, de celle qui accapare, de la victorieuse), j'ai rougi de plaisir (comme je m'en souviens, rien qu'en le lisant), j'ai été la plus heureuse de recevoir ces mots-là -
-
En corps
Presque toutes les nuits, je suis relevé.
La crème au chocolat brillante et les framboises fraîches au goût d’étable.
Les galettes de maïs soufflé et le chocolat noir.
Presque toutes les nuits, j’ai interrogé les étagères et les clayettes.
Le fromage bleu et le pain aux noix.
La coppa poivrée sur un pain Poilâne grillé et frotté d’ail.
Presque toutes les nuit j'ai cherché, curieux et avide.
Le citron beldi croqué dans sa saumure.
Les câpres au sel marinées dans le vinaigre.
Presque toutes les nuits j'ai recherché le vif, le fort, le puissant qui faisait exploser les papilles.
Le gingembre confit posé sur la langue.
Le doigt trempé dans la poudre de piment d’Espelette.
Et puis cette nuit-là, elle m’a ouvert ses cuisses et son corps.
Et cette nuit-là, j’ai goûté chaque once de sa peau et bu chaque goutte de sa bouche.
Cette nuit-là, j'ai tout oublié du piment, du poivre, du chocolat et des framboises.
Cette nuit-là, mon corps a geint de manque et de plénitude dans la même voix.
Cette nuit-là, mon corps a retrouvé le chemin du vertige...
En faim.
(Signé l'HommeDuMoment)
Commentaires
Une immixtion (bouh qu'il est laid ce mot !) de plus dans un tête-à-corps qui bouleverse...
Pour dire qu'elle est belle, ta fierté... A la hauteur de ses mots. Rien de surprenant, finalement.
Si tu te souviens de ton ancienne adresse chez 20six, tu peux essayer la Wayback Machine :
http://www.archive.org/web/web.php
Si tu n'as pas de résultats, réessaye, parce que des fois ça marche, et des fois ça ne marche pas. Il faut dire que les entrailles de la blogosphère sont très profondes, et remonter le temps n'est pas chose aisée. En tout cas moi j'ai réussi à remmettre la main sur des écrits de mon ancien blog, effacer depuis plus de 6 mois.
Tous deux.
Vos plumes.
Me touchent...
Sourire...
M'intriguent aussi ^^
Tous deux.
Vos plumes.
Me touchent...
Sourire...
M'intriguent aussi ^^
migrations...
ou transhumance?
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