ClairObscure

"Pour moi - tous les mots sont trop petits. Et la demesure de mes mots n'est que le pâle reflet de la demesure de mes sentiments"

15 octobre 2007

Un doux air de rien...

Croyez-vous au désir ? Croyez-vous au désir d'aimer ou au désir d'être aimé ? Croyez-vous que le désir porte vers l'un et vers l'autre également comme des fluides en quantités égales ?

Je ne devrai croire qu'aux événements et aux phénomènes du corps. Il remporte toutes les fins, toutes les victoires, il aura toujours le dernier mot quelque seront les luttes de la conscience et ses interpositions.

Le corps ne ment pas face au désir, le corps ne sera jamais une volonté - il suinte, exprime la véracité du désir, il mouille, il bande, étire laé peau, il tremble, il sue. L'esprit donne l'assaisonnement, plus ou moins de piment, le mensonge, l'oubli, le partage, la manipulation.

Croyez-vous au désir ?Ne pensez-vous pas qu'il cache un espoir d'amour ? En ce cas est-ce que le désir est viable ? Est-ce important ? Aimez-vous l'art brut ? Revenez donc me baiser et je vous donnerai l'air d'oublier la tragédie de l'amour...

Posté par Lolabrok à 15:07 - En tête-à-tête - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

.....★

j'adoooore ce texte!!!!!
particulièrement le passage : "Le corps ne ment pas face au désir, le corps ne sera jamais une volonté - L'esprit donne l'assaisonnement, plus ou moins de piment, le mensonge, l'oubli, le partage, la manipulation."

l'esprit assaisonnement des plaisirs d corps! wha! j'adore!

Posté par juju.k, 15 octobre 2007 à 15:48

Vous êtes sûre que le corps ne ment jamais?

PS: L'art brut est merveilleux, comme le champagne...
PPS: Toujours un plaisir de vous lire.

Posté par quisas-quisas, 15 octobre 2007 à 19:28

yep!
je crois au désir
bien plus vaste que la pulsion, que l'appel du corps, que la demande d'amour, que le moteur de l'inconscient...

Posté par julip, 15 octobre 2007 à 20:37

idem que Julip.

(le désir meurt de sa propre réalisation : il faudrait inventer un désir réalisé qui demeure désir... on en revient (presque) toujours à ce "problème"...)

Posté par arnaud, 15 octobre 2007 à 21:27

Tain je sens que je vais (encore) passer pour un con...

.... oui parce que je me sens parfois très con devant tes écrits, et là... en fait... je ne comprends pas vraiment le sens de ta question :

"Croyez-vous au désir ?"

Il suffit de ressentir du désir pour quelqu'un (attirance, envie charnelle ou autre) pour se rendre compte que le désir existe bien... aussi j'imagine que cela n'était pas le propos de ta note.

Maintenant, peut-on faire confiance au désir ? est-il le reflet d'une réalité ? (Oh lala je patauge mais je continue quand même dans mon argumentation...) et bien je répondrais... heu... bah oui qu'est-ce que je peux répondre à ça ?

Disons que le désir est une promesse que notre cerveau (commandant en chef de notre organisme) fait à notre esprit ( mais pourquoi j'ai utilisé ce terme ? ).... promesse de plaisir, promesse d'amour, et que sai-je encore.
Le désir est donc un état déclencheur, un moteur qui nous fait tendre vers la réalisation, vers la concrétisation de ces-dits plaisirs et autres.

Mais comme toute promesse, ce désir ne devient viable que si il trouve une réalité, et cela dépend aussi si l'autre personne (toujours dans le cas d'un désir charnel) éprouve ce même désir (enfin si elle s'est faite cette même promesse), parce que sinon le désir donnera lieu à une déception, voire à une frustration...

Heu... (attends j'me relis)... ouais enfin bon, tout ça pour dire qu'il ne faut pas prendre un désir pour une réalité, même s'il est un élément indispensable à la réalisation d'un plaisir.

Parce que oui, moi je ne pourrai jamais baiser (pour reprendre tes termes) une femme pour laquelle je n'éprouve pas de désir (je ne parle pas d'amour hein).

Donc voilà.... bah quoi me regardez pas comme ça.

Bon là je referme ma trousse et mon cahier, je me dirige vers la sortie... saluuut !

Posté par BunnyJen, 15 octobre 2007 à 22:39

le corps ment autant que les autres, non ? Il aime jouer à ne pas être lui. C'est une question d'entropie. Le corps aime sortir de lui.

Posté par Ugarte, 16 octobre 2007 à 00:11

Vous savez comment je fais pour garder mon désir intact. Je désire plein d'autres mais je baise toujours avec le même en pensant que c'est l'autre. Le soucis étant de trouver des autres qui acceptent de ne pas baiser sachant qu'ils sont désirés. C'est simple non ?

Posté par A@T, 16 octobre 2007 à 14:12

eh bé, eh bé que de monde pour parler du désir ! si j'eusse su !

Juju K : quel enthousiasme, dites donc...eh bien piochez piochez les mots, et merci de vos lectures ! J'ai lu également de vos commentaires sur un blog d'une personne que j'aime beaucoup...

Quisas quisas : j'ai souhaité autrefois sous le pseudonyme de Piccolofio et du temps de CeQuiVaSansDire vous rencontrer par les mots, et à chaque fois hasard sans doute "quelque chose" ne semblait pas passer - c'est dire que je suis bien heureuse de vous voir désormais par ici, et je sais désormais l'amitié que vous porte L'HommeD.M.

Quant au mensonge du corps, permettez, j'y répondrai un peu plus loin en réponse à Ugarte.

Julip(e) : tu fais toujours de sacrés parallèles, tu sais, tu me fais penser à une enfant dans tous les liens frais que tu échaffaudes en un clin d'oeil. Et cette naïveté-moteur chez toi, dans tes yeux, dans ton être-au-monde. Oui je crois au désir aussi - moins spontanément, mais je n'y peux rien. Mais oui j'y crois, et parfois comme tout bon croyant, je doute, et quand je doute, c'est comme une traversée du désert. Mais oui, oui et cent fois oui j'y crois aussi - sourires et autres avec nos affinités. Tout comme je crois au corps.

Arnaud : j'ai éclaté de rire en te lisant, il m' a plu dans son universalité - comment cesser la mort ? comment cesser le déclin ? comment...?! Le désir est ce qu'il est, c'est bien assez difficile ainsi, non ? sourires aussi (penser à t'appeler, penser à te rappeler, penser à te rappeler, penser à te rappeler...)

BunnyJen : il faut que je te fasse un aveu, il n'y a rien qui me plaise plus que les repas "à la bonne franquette", les choses qu'on pense au coin du zinc d'un café, les gribouillis sur la page d'un livre, le penser en déroulement - alors laisse tomber cartable, billes et rentrée de classe. Ecris un point c'est tout, et assume, quoi !

J'aime beaucoup écouter lire entendre au sujet du désir, voir comment chacun entend ce que signifie le désir, et comment il le vit. Oui bien sûr incarner le désir pour le désigner, l'expérimenter. Désir(s), moteur(s) de vie(s), des chemins, de l'avant, de projection. Désir, toujours ce besoin de se savoir vivant, de sentir pleinement la sensation réalisée d'être vivant dans notre relation au monde.

Mais j'ai une petite question à te soumettre : y-a-til vraiment comme tu le suggères du désir sans amour...est-ce vraiment possible dans les faits, dans l'expérience ? N'y-a-t-il pas toujours de l'amour ou une recherche d'amour (être aimé ou aimer, selon les besoins) dans nos désirs, dans notre Désir...? (question ouverte, pas un piège à écoliers, sourire...)

Ugarte : vous savez quoi, vous me manquiez, je vous assure (mais j'ai un mal fou à me lever à 5 heures du matin, quoiqu'ait dit notre Napopoléon).

Ugarte et Quisas Quisas : je ne sais pas pourquoi, je veux dire que cela reste encore très intuitif, je laisse les mots mûrir pour l'instant, mais je reste encore persuadée que le corps ne ment pas, il peut se tromper. Ce sont les intentions qui trompent, qui mentent. Le corps réagit, mais l'esprit (conscience, volonté, ou appelez-le comme vous le souhaitez)intervient dans la spontanéité du corps, travestit, divertit, écarte, réprimande, réprime, contredit, n'écoute pas, fait semblant d'écouter, décide du corps. Enfin, il me semble...
mais tout cela est bien poétique, qu'il mente ou qu'il ne mente pas...

A@T : tu as eu toujours un faible pour les doublons, les doubles personnalités, les doubles vies (inventées ou réelles), tu as le don des joueurs (que je n'ai pas, malgré mon nom qui porterait à le faire croire), tu es une joueuse, et bien sûr tu as un grand sens des règles comme tout joueur qui se respecte, des limites, de l'avant et de l'au-delà. C'est tout simplement merveilleux, je t'assure. J'imagine que ton mari ne s'ennuie pas au lit, si ? Bon et puisque j'ai envie de sourire ce soir, à toi aussi sourires...

Posté par LOlabrOk, 16 octobre 2007 à 21:23

Que de questions ! Quand je désire un homme, je n'espère pas que ce désir se transforme en amour, je le vis.

Quant aux mensonges du corps... Ils existent.

Posté par Cali Rise, 16 octobre 2007 à 23:50

T'inquiète j'assume toujours mes pensées même si des fois je ne me fais pas toujours très bien comprendre.

Pour répondre à ta question : je peux en effet éprouver du désir sans amour, même si le dernier cas a cette faculté d'en décupler la puissance et la portée.

En revanche, déduire qu'inconsciemment il y a une "recherche d'amour" derrière le désir, je pense en effet que c'est juste, ne serait-ce que parce que dans le quotidien on cherche tous à être aimé, reconnu ou valorisé. Et puis dans cette recherche d'amour, il y a bien évidemment celui qu'on espère recevoir, mais aussi pour beaucoup celui qu'on veut donner.

Posté par BunnyJen, 17 octobre 2007 à 11:35

Il n'a pas l'air de s'ennuyer mais en contre partie je l'agace pas mal aussi :)
Merci pour tes sourires, ça fait du bien !

Posté par A@T, 17 octobre 2007 à 13:53

Un peu de désir sinon l'on meurt ...

Le désir qu'on habille de Soi [...]

Posté par céphée, 17 octobre 2007 à 23:26

in memoriam

Il est sorti travailler dans le jardin, et je suis allée pleurer dans la cuisine. La cuisine est ouverte sur le salon, la cuisine est le centre de toute la maison, mais parfois, à certaines heures très précises de la solitude, c’est encore là qu’on est le plus tranquille pour pleurer…
J’ai bu du vin rouge et j’ai levé mon verre à Piccolina (et à ses genoux, pour poser ma tête et pleurer), à Sophie, (parce que j’ai cru comprendre qu’elle aimait le vin rouge) et aux crevettes roses qui seront lundi dans le frigo d’Abraham - avec l’intuition que le désir de ces crevettes se satisferait pleinement de la réalité de leur goût - et à aucun moment, je ne me suis dit, que c’était triste, de penser à eux, plutôt qu’à d’autres, plus « vrais » ou plus « réels »…
J’ai eu l’occasion, la chance de voir Piccolina dans son corps. J’ai adoré.
Ses yeux, ses seins, (mon dieu, ses seins), ses fesses, ses pieds (lorsqu’elle a enlevé ses escarpins pour jeter ses jambes le long des contreforts des bords de Seine)… J’ai adoré la rencontrer, et si elle a gagné en réalité, c’est en prenant une autre intensité, pas au nom d’une quelconque vérité de son corps. (qui n'aurait pas été dans son écriture)(quoi qu'à mon avis pour rencontrer la vérité de son corps qui est dans son écriture, la seule rencontre scopique ne suffise pas...)
Et les larmes tombant dans mon vin, j’ai aussi levé mon verre au désir.
« Le processus du désir est nommé « joie » et non pas manque ou demande. Tout est permis sauf ce qui viendrait rompre le processus complet du désir, l’agencement. Qu’on ne dise pas que c’est de la Nature : il faut au contraire beaucoup d’artifices pour conjurer le manque intérieur, le transcendant supérieur, l’extérieur apparent. Ascèse, pourquoi pas ? L’ascèse a toujours été la condition du désir et non sa discipline ou son interdiction »

mai 2007

Posté par julip, 18 octobre 2007 à 21:02

C'est l'esprit qui ment pour ordonner au corps de cacher le désir incontrôlable, tenace, violent et souvent adultère, non ?

Quel rabat joie cette abrutie de conscience quand même !

Posté par Tyrane, 30 octobre 2007 à 10:21

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