ClairObscure

"Pour moi - tous les mots sont trop petits. Et la demesure de mes mots n'est que le pâle reflet de la demesure de mes sentiments"

24 octobre 2007

balivernes d'un théâtre intime

L'homme, le mâle, ne devrait pas souffrir - dans le drame de mon théâtre psychique, il ne devrait pas.

Je ne parle pas du père, je parle d'un être humain qui ne serait pas entaché par la maternité. Je parle d'un être humain infaillible, poitrine réconfortante, pilier, mur imbattable, d'un être humain écueil de la femme échouée, de la femelle meurtrie. Je ne parle pas de puissance. Je ne parle pas d'énergie avilissante. Je ne parle pas de domination, ni de degrés de séparation et de contradiction. Je parle d'une marque, d'un repère, d'une valeur immuable aux signes variables, d'un réconfort éternel à cueillir. Je ne parle pas de gratuité, je ne parle pas de don, ni de leur contraire - le commerce humain se retire devant l'évidence.

J'entends que tout s'effrite mais une statue ne le devrait pas, une seule, et j'imagine cet être - un homme. Dans le drame qui se joue dans mon psyché-soma, ce ne peut pas être la femme - la femme s'est accaparé un rôle ambigu, le rôle qui allait de soi, le rôle qui assigne. A l'homme je lui donne l'espoir de la création, de l'inspiration, du solide - il sera l'horizon toujours visible, qui quand bien même ne sera jamais atteint sera l'assurance du réconfort et intrinsèquement le réconfort.

A la femme le pouvoir de l'illusion, du changement, du merveilleux, de la révolution, de la quête, du voyage - le désir et l'angoisse. A l'homme la volonté de la clarté, de la construction, de vérité, de distinction, de foyer - le sens et l'équanimité.

A la femme l'instinct et la puissance - le silence. A l'homme l'évidence et l'incarnation - le verbe.

Et je m'équilibre.

Posté par Lolabrok à 19:40 - Contemplations - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Le labyrinthe sans le pan

Je voudrais une épaule, ma tête reposer - la seule chose qui m'ait fait pleurer dans ce film ce fut la berceuse. Toutes les berceuses me crèvent le coeur. La réalité déçoit, l'imaginaire je n'en ai pas la clé, ni la craie. Je glisse peu à peu. J'ai trop de fierté, et toujours mal placée. Je n'ai pas besoin de moi pour vivre. Putain de fusion à la con, tuez toutes les mères une par une, achevez-les toutes, moi aussi le moment venu - toutes. Je n'appartiens à aucune race, je suis en exil de je ne sais où, je vais nul ne sait où. Tuez-les toutes, on dirait des bourdons en pleine nuit, et ma tête explose. Je sens comme une mort proche - mais tant que je pleure, je suis en vie. Il m'a dit souvent pourquoi tu pleures, j'ai dit quand je ne sais pas dire, je pleure, c'est une forme d'expression, il a ri, il s'est moqué, tuez tous les hommes qui n'ont pas le courage, tuez tous ces hommes qui ne savent pas assumer leur rôle. Tuez-les, ils n'ont pas su être pères, et si j'étais un homme, il le faudrait aussi, me tuer. Ils auraient dû être l'antidote. Mais quand j'entends son rire à elle, si spontané, je me dis, encore un peu, tiens encore un peu. Je ne suis rien, et si seulement je n'écrivais pas, je serais toujours moins. Si seulement je ne pensais pas à lui, je serais moins encore. La vie tient à des pré-textes. Des pré-textes, bien sûr.

Posté par Lolabrok à 00:59 - Contemplations - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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