ClairObscure

"Pour moi - tous les mots sont trop petits. Et la demesure de mes mots n'est que le pâle reflet de la demesure de mes sentiments"

28 octobre 2007

De notre dernière nuit d’amour je retiens sa main comme la tête du chat noir qui cherche le réconfort sous le drap chaud, c’est en sursaut que j’ai surgi d’un sommeil que j’aurais cru profond, il s’était penché sur mon matelas, les cheveux ébouriffés par les heures de sommeil courtes et c’est souvent que je me suis réveillée cette nuit pour lui demander s’il allait bien, s’il dormait, s’il voulait un verre d’eau, amoureuse inquiète de lui offrir un logis rudimentaire, il était penché sur mon matelas, faufilant la main sous le drap et la couverture vers ma cuisse ou mon ventre, je crois qu’il retenait son souffle, et dans ses yeux somnolents, j’aurais presque deviné de la malice, je me suis réveillée trop tôt pour qu’il éprouve le plaisir de me réveiller de ses caresses, pourtant voilà le soulagement étrange dans son regard de me retrouver déjà, je ne sais quels mots j’ai prononcé la bouche enfouie dans les plis lourds du drap couvert, mais il comprit l’invitation et s’est glissé près de mon corps, j’aime ces moments presque enfantins et son corps allongé a passé de son matelas au mien sans même se déplier tout à fait, et que de baisers, que de baisers à profusion, vous êtes là mon amour, oui – et le plus beau, le plus émouvant : nos sourires qui ne cessaient de se répondre, plus quiets que ceux de tous les Bouddhas en orgie dans un lit. De toutes nos nuits d’amour, celle-ci je l’ai gravée sur l’écorce de ma peau, et d’une flèche tenace.

D'une certaine manière le présent enculait l'éternité.

Posté par Lolabrok à 22:27 - En tête-à-tête - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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