23 octobre 2007
notulade
De l'amoureux on espère. De l'amant on exige.
13 octobre 2007
retranscriptions
J'ai rêvé dans un demi-sommeil de la morsure que je lui ai infligé sur le haut de son téton droit. J'entendais une voix qui sussurait pourquoi pas le gauche, pourquoi pas le gauche là où le coeur doute, puis venait une jeune femme blonde dont les cheveux courts soudain se mettaient à pousser longs puis redevenaient courts, elle venait et appuyait fort son doigt sur la blessure et accablait mon homme en pleurant, alors j'avais honte de n'avoir pas su me retenir de mordre la peau. Mon homme disait alors, ce n'est pas grave, c'est une brûlure invisible, cela brûle, cela crépite mais personne n'entendra rien. Je répétais, mais elle a vu, elle a touché, elle sait. Il riait, il me disait vous êtes une grande bécasse, St Thomas n'a jamais existé, vous ne comprenez rien et il me prenait tendrement dans ses bras. Du rêve suivant je ne me souviens pas. Mais au matin dans le début d'un réveil pénible j'ai rêvé de la blessure encore. Je léchais le téton et remarquais à nouveau la trace de la morsure sur sa poitrine, je la léchais aussi recueillant tout le sang que je pouvais en suçant la trace, la voix disait cette fois-ci, tu es une vampire, et levant les yeux vers mon homme je le voyais sourire, le visage adouci, je suçais encore un peu puis je lui expliquais que ma salive le guérirait bien assez tôt, il me caressa les cheveux quelques instants, puis il tira mon visage vers le sien brutalement et cala mon oreille sur ses lèvres avec ses mains tenaces et mâles qui maintenaient mes cheveux bien serrés. Entre ses lèvres j'entendis, tu me mangeras petite salope. Et je me réveillais peu à peu avec cette étrange sensation d'avoir entendu réellement sa voix chuchuter dans mon oreille droite - et cette immense faim de son sexe au petit matin.
11 septembre 2007
poursuite de la réflexion sur le désir
Le désir a pour contraintes inhérentes la plénitude et le manque - l'amour peut être définie ainsi comme un seuil de la tolérance, le champ de contrainte - là sont visibles les déformations (au sens neutre). Nous sommes des corps en expérience.
"Some Disordered Interior..." notes sur le moi disjoint
Entre ce qui est "un mécanisme de moi " (le corps et ses traumatismes qui cherchent à reproduire et à combler les manques, le mécanisme qui fait tourner mon corps comme le monde tourne, et avancer - le vivant et le morbide ) et ce qui est "conscience de moi" (élan actuel, réflexion, lucidité, humanité - le survivant et l'alerte), il y a (dans la perspective de mon histoire personnelle) un écart de besoin - le premier nécessitant d'être aimé (un besoin d'immobilité), le deuxième nécessitant d'être désiré (un besoin de mobilité). Je me sens plus proche de "la conscience de moi"(que j'ai peut-être surdéveloppée), je ne fais qu'observer le mécanisme (que j'ai laissé vivre) et parfois je le réprime, pour que la conscience ait sa place aussi.
Mais tout cela, c'est de l'intime, de ces choses que certains doivent éprouver mais qu'ils n'expriment pas - parce que cela n'a pas de mots, parce que cela demande de s'extirper "absolument"- mais surtout parce que les mots échouent. Je suis beaucoup préoccupée par l'échec du langage dans l'expression, par ses limites précisément. Il y a des choses que je touche du bout de la conscience, mais que je ne peux pas dire, que je ne peux donc pas comprendre. Je ne veux pas tomber dans la folie, alors je veux donc bien ne pas comprendre certaines choses dont je pressens la présence ou l'existence.
J'apprends désormais à m'oublier un peu, à gâcher cette intelligence-là. Bientôt je dois cesser d'écrire.
07 septembre 2007
de l'art de la déception
Il faudrait un art de la déception, que déçue je n'en sois pas blessée - car la déception est la preuve réelle, corporelle, factuelle qu'on a su porter haut un espoir, la preuve de l'exigence - et l'exigence n'est rien d'autre qu'une volonté de vie.
La déception ne devrait pas conclure dans le renoncement, elle devrait n'être qu'une ponctuation légère, virgule ou point-virgule, un épiphénomène.
Dans cette perspective nouvelle je m'offrirais entière à l'action ou à la relation, sans la crainte - la crainte qui empêche de vivre au présent, mais projète.
La déception ne devrait pas blesser, mais dévier, dévier, dévier. Simplement dévier du chemin qu'on a cru le bon, non de la destination.
03 septembre 2007
L'écriture allège le paraître.
Elle relègue la lourdeur à l'être profond. Dans l'être profond atterrit l'alourdi.
Le paradoxe se tient ici : l'écriture crée cette séparation entre l'intérieur et l'apparence.
Je n'ai pas encore le courage d'arrêter d'écrire. Mais il le faudra si un jour je décide de me raccorder.
02 septembre 2007
L'inextricable - pousse à -
j'y pense souvent à -
j'ai peur qu'un jour -
je pense qu'un jour -
à cause de l'inextricable -
ça ne vient pas comme ça -
il paraît que ça se prépare
dans sa tête, son corps, sa vie
l'évidence
elle pensait à quoi quand -
elle a écrit une lettre pour son fils
son fils l'a haïe, la haïssait déjà
une vie pour préparer -
pourquoi maintenant j'y pense, à -
ce détachement
cette froideur
la fascination des fins
je voudrais savoir si -
ce que -
dans sa tête à elle
je ne veux pas -
mais l'inextricable peut être puissant
comme il aspire!
j'inspire
- il reste quelques onces de sens à mener.
Il y a des journées comme ça, qui ont le goût d'une vie dans son entier.
29 août 2007
notule dans le genre naïf
c'est drôle, c'est comme si depuis que j'étais amoureuse, je m'efforçais de montrer - a contrario de la constatation par certains philosophes grecs anciens - que la passion amoureuse ne rend pas nécessairement aveugle, mais bien lucide - incroyablement lucide.
C'est comme si j'avais à me laisser aller à l'aveuglement (au lieu d'avoir été aveugle soudain), et que tout mon être, de cet être construit sur des traumatismes affectifs, s'y refusait.
Il y a pourtant une richesse intérieure à ouvrir les yeux sur - cet connexion volontaire de corps (en ce qu'il ont de complet, matière et énergie)
Non je ne veux pas cesser d'interroger, de voir cet ordinaire extraordinaire -
28 août 2007
notes du midi d'un jour de reprise
La grande différence entre la mère et l'amant - c'est qu'on peut exiger de la mère l'amour, devrais-je écrire l'Amour, une mère se laisse aimer jusque dans l'abîme, la frange noire de l'unique sentiment déraisonnable (j'ai adoré le maternel, la figure maternelle (et l'abîme je m'y suis jetée, et j'en suis revenue comme on revient du séjour des morts), j'aurais été écrivain, elle aurait fondé mon mythe d'écriture - et d'avoir eu deux mères, l'une naturelle, l'autre d'adoption me donnent la conscience aiguë que la mère, l'être humain, est si petite sous la figure maternelle, sous le symbole écrasant du maternel) d'où découlent les autres sentiments. De l'amant, on ne peut qu'admirer, l'amour prend un autre visage, plus léger, parfois non moins meurtrier (je parle de ces meurtres intimes, intérieurs, de ce qu'on tue les gens sans s'en achever toujours la vie des corps), ce n'est pas de l'amour, il n'y a pas d'amour quand entre l'orgueil en jeu, et le paraître.
Que je tente de transférer mon besoin sans fond de maternel dans mon amour des hommes (et mon homme a tort de croire que je haïs aussi les hommes, cela est faux, j'y ai réfléchi longuement, j'ai simplement été élevée par deux femmes qui recherchaient désespéremment la figure paternelle et m'en ont privée sans vraiment en prendre conscience, l'une rendant le père géniteur inexistant même en souvenir, l'autre en ôtant (ou acceptant qu'il ne fasse preuve d'aucune/ ) toute possibilité virile et paternelle) . Je suis faite du désir des hommes et de l'héritage vif d'une image masculine, paternelle notamment, désespérée - je devrais y consentir un jour), que je tente donc ce transfert affectif, vital, que je comble le renoncement de l'amour maternel (les abandons successifs, que j'ai subi et dont j'ai su accabler l'une de mes mères, l'autre n'étant qu'une pâle ombre absente de ma vie) est vain. Mais vital.
Le seul espoir que je garde, c'est que jamais je ne le rende malsain. Que cet espoir soit l'énergie, le mouvement spirituel, le moteur corporel, qui me pousse à vouloir vivre le plus longtemps possible. Quand je ne le pourrai plus, j'aurai une liberté, celle d'en finir. Et bien sûr, la liberté n'a jamais été un choix, mais une solitude.
19 août 2007
Notes matinales
Pourquoi dans mon rêve m'avez-vous appelée Inès ? Nous allions à une fête organisée par Isabelle la Libellule dans un immense stade en pente, avec un chapiteau étrange, à la tenture blanche comme aux JO, sur la pente de la colline qui tombait dans le chapiteau on trouvait de la neige, et on pouvait y faire notamment de la planche à voile.
Nous étions dans la voiture, et vous m'avez appelée Inès très distinctement, vous aviez conscience que ce n'était pas mon prénom encore, mais qu'en quelque sorte (il m'a semblé) vous me rebaptisiez ainsi.
Inès...je regarde ses significations (bien que là ne soit pas la clé du rêve, mais sans doute dans un jeu de mots que je ne saisis pas encore), mais ce qui est étrange dans une des significations, c'est que ce prénom s'il est d'origine grecque (en latin ,arabe d'autres significations) : il signifie la même chose que mon prénom Fiona : l'un chaste, pure, l'autre blanc, vierge, merveilleux.