ClairObscure

"Pour moi - tous les mots sont trop petits. Et la demesure de mes mots n'est que le pâle reflet de la demesure de mes sentiments"

21 septembre 2007

Mon beau miroir roi des fantômes

Il m'a dit que c'était sans doute l'autoportrait qu'il préférait -

miroir_dis_moi_bis

Je me souviens de la nuit où j'ai prise cette photo, où moi-même j'étais prise par l'angoisse et que je n'en avais pas dormi. Je me souviens que j'avais allumé des bougies partout dans la chambre, et que j'avais tiré une série de photographies avec une série de contorsions que je proposais à mon corps d'exécuter.

Depuis toute petite le miroir a le don de m'apaiser, de me rappeler que je suis une image aussi, changeante, de me rappeler à la réalité. Le miroir a le don de ne pas me mentir. Je n'y vois pas tout, je n'y vois pas ce que les gens voient autour de moi, je suis toujours un peu figée, dans lequel je ne peux pas imaginer exactement les mouvements de mon corps, ni ce qu'il devient lorsque je m'oublie, lorsque la spontanéité ou le mécanisme deviennent les seuls moteurs de mes gestes.

Devant le miroir, et depuis toute petite aussi, je sais qu'il n'y aura toujours que moi pour mentir, que mes yeux pour ne pas voir, pour voir mal, pour éviter ce qui dans mon corps apparaît désagréable, moins joli, ou laid, le temps qui passe (mais le temps qui passe est une notion que je n'ai saisi que beaucoup plus tard, à l'adolescence).

Je n'ai jamais aimé jouer à la poupée, ni jouer aux voitures, dans notre vie de famille recluse, ma première comme ma seconde famille, et malgré la présence de ma soeur, je préférais les jeux de rôles devant le miroir - devant le miroir j'étais ce que j'étais et qui pourtant je n'arrivais pas à être devant les autres. Très tôt donc, j'ai eu conscience de beaucoup de formes de solitude, et de la multiplicité même de la solitude - et une des premières ayant été la solitude de l'individu et l'intuition de la duplicité nécessaire.

Un de mes premiers souvenirs - ma mère me coiffe en chinoise pour la fête de la crèche, nous sommes à New York, je suis très attirée par un petit garçon qui me méprise (peut-être étaient-ce les parents qui méprisaient ma mère), et elle me coiffe de longs cheveux dans lesquels elle accroche les petits parapluie en papier qui recouvrent les cocktails - nous sommes devant le miroir, je me souviens de quatre présences, elle, moi et nos images, sa voix derrière ma tête, son visage devant mes yeux, la petite qui se déguisait à qui la mère apprenait à se faire belle.

J'ai donc très vite joué au miroir, comme d'autres jouent aux docteurs ou à la maîtresse. Innocemment. Ce n'est que plus tard bien plus tard, à l'adolescence encore, et peut-être même dans la post-adolescence que je saisis comme le miroir était mon antidote à la parole mensongère, un révélateur des travers de l'éducation : ce que je voyais n'était pas ce qu'on pensait de moi, ce que je devenais était un produit de regards extérieurs auquels je m'étais abandonnée - dans le miroir je palpais la différence, j'observais l'écart, je l'expérimentais en même temps que je l'apprenais pendant mes études littéraires : je comprenais pleinement ce qu'était un point de vue et ses répercutions sur un caractère, sur une situation, sur une vie - la relativité, la subjectivité et l'objectivité, la dépendance, tous ces mots entraient en vrac dans mon vocabulaire en prenant un sens réaliste, m'aidant peu à peu à construire ma propre vision de la vie.

Rien ne me réjouissait plus que les jeux de miroirs, l'accélération des points de vue, que l'observation des gens dans la rue qui s'admirent dans les devantures vitrées, les rétroviseurs, les appartements parisiens aux miroirs qui s'imposent au-dessus des cheminées, les regards qui se croisent dans un miroir, les perspectives qui s'allongent de miroir en miroirs, les yeux qui recherchent leurs propres reflets, toutes les photographies qui démontraient une connaissance du miroir, même instinctif, de son ambiguïté, de ses illusions, de ses révélations, qui éveillaient les interrogations égotiques, qui servaient l'autoportrait - et le cinéma aussi, le miroir dans le cinéma, ce n'est pas un hasard si je suis fascinée par des réalisateurs comme Greenaway ou comme Tarkovsky.

Je me souviens donc de cette nuit où je l'ai prise cette photo, cette nuit où j'ai su que je ne dormirais pas, où mon corps je le haïssais avec cette bienveillance qui le protège de moi, où j'ai pris les trois miroirs que je possédais, celui de la cheminée à part, et que je les ai installés de mille manières sans vraiment penser, mue par une suractivité que seule l'angoisse parfois déclenche, une motion aveugle, où le mouvement précède toute pensée, où je me sentais une marionnette d'intentions intérieures puissantes, comme d'autres courent pour ne pas rester immobile ou font le ménage par exemple, quelque chose ne parlait pas en moi, mais devait s'exprimer - et l'appareil photo fut un moyen comme un autre.

De cette pellicule, cette photo-ci, et sans doute parce que je l'ai publiée très vite sur mon autre blog, dès le tirage de la pellicule, celle-là est la seule que j'ose regarder de toute la pellicule. C'était il y a moins de deux ans, et pourtant ça me semble une autre vie déjà, un autre reflet, un autre langage, une autre lumière - oui mais non.

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12 septembre 2007

DSCN9851résiliation de soi - contrat comme un autre.

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10 septembre 2007

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25 août 2007

Carte muette

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24 août 2007

Carte d'une journée tardive

Mon cher vous, qui m'avez écrit - si

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n'éventrez pas la journée d'aujourd'hui, pas la mienne sinon - j'ai oublié la présence des heures, je me suis perdue quelque part - platement, rien

et vous m'avez écrit aujourd'hui que vous avez oublié la chair, et qu'il vous faudrait rafraîchir les idées - ici, je vous ai répondu, je vous ai répondu : ici, la chair est fraîche, elle vous attend, mademoiselle (que je vous ai clamé!) mademoiselle vous veut, trois semaines c'est trop (- pauvre demoiselle gâtée, je n'assume pas vraiment)

est-ce pathétique de vous attendre comme ça, comme suspendue à la pendule, non non je suis la pendule et je suis suspendue à la mécanique qui tourne laborieusement

non ne disséquez pas la journée, qui s'en est allée de lectures en rêveries en masturbations - même intellectuelles et affectives, en repas aussi, et un anniversaire imprévu (savez-vous que Laure est déjà loin ? Elle se promène à Hong Kong), mais la pluie qui n'a cessé une seconde depuis trois jours, ça me rendrait folle, vous savez (ma soeur a rompu la monotonie, elle est passée)

le soleil, c'est comme les filles, il vous préfère à moi, moi je suis rejetée, et c'est parce que vous revenez qu'il brillera les jours prochains.

Je m'en fous, je veux votre queue, votre queue, pas le soleil, et votre voix, et vos mains, et je veux tout faire comme à chaque fois pour vous entendre éclater de rire, vous n'éclatez jamais de rire - parfois, quand je récite des vers de Racine votre queue dans ma bouche, parfois aussi quand je fais l'enfant japonais le guerrier

(la pluie donne froid à Julip, pas seulement, non je ne saute pas du coq à l'âne, vous comprendrez quand je vous ferai lire son texte)

Dans mon lit je me suis réfugiée un peu, puis beaucoup (mais il y a des gens dans cette maison, beaucoup, qui viennent et vont, et je dis bonjour aussi, la tête hors du drap, parfois dessous comme un fantôme), et j'ai tourné dans mon lit souvent en rêvassant à rien (la nuit je n'arrête plus de rêver, des histoires longues, et plus de cauchemars comme avant) -

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Enfin j'ai fini par me dire, tu t'abrutis ma pauvre fille, alors fais quelque chose, et de bien - mais rien

Je vous assure, les draps s'en souviennent, enfin c'est ce qu'on dit -

bon et puis j'ai compté les jours un peu

alors écoutez-moi bien, ne disséquez pas cette journée, pas celle-ci

voilà je vous embrasse les bourses et vous les réchauffe un peu d'un peu de buée

vôtre -

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22 août 2007

Carte p(h)ostale

DSCN9810Last night I tried to get married (by myself like a grown-up woman) -  It was that bloody, boy !

Just come back now, will you, my man du moment...? (I mean, before monday, ohh come on !)

yours - (pour le meilleur et pour le meilleur)

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21 août 2007

Carte aux nouvelles éphémères

DSCN9773__Non rien. Je pensais juste que - nos retrouvailles auront la distance de celui qui a voyagé à celle qui est restée. Qu'il en faudra du temps - pour compresser le temps qui a passé sous des rythmes différents.

Je fais confiance au quotidien pour vous rattrapper et vous ramener à moi, je fais confiance à votre talent de conteur pour m'introduire dans les couleurs de votre voyage qui se prolongera encore un peu.

La fin d'un voyage est un chevauchement temporel. Le voyage, le voyageur et l'amante - si, pas un titre, un thème, et je m'imagine un personnage de femme aux racines immobiles.

Non rien, vraiment. Je pensais que - je nous retrouverai certes, mais bien après vous avoir rouvert la porte de chez moi. Peut-être même il nous faudra quelques semaines, qui sait, vous êtes peut-être résistant au quotidien.

Mais je suis patiente. Plus que ma main qui voudra vous toucher  le visage et les épaules, et les mains aussi, et le moelleux des fesses - dans la minute où vous reviendrez dans ma sphère.

Plus patiente que mes lèvres, qui pourtant auront la politesse d'attendre que vous parliez un peu pour tirer ensuite sur la braguette. L'impatience fera appel aux dents aussi.

Je n'ai pas changé, je demeure la sangsue de votre queue - ici c'est la mousson tous les jours.

Et aujourd'hui matin le soleil -

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14 août 2007

Carte à revendication

DSCN9775 moi sans vous j'm'efface ...

c'est quand que vous revenez ?...(soupir)

Posté par Lolabrok à 20:08 - Cartes p(h)ostales - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 août 2007

Carte phonestale

DSCN9767DSCN9768DSCN9771DSCN9772

Cette nuit j'ai tenté de vous appeler...puis je crois que je me suis trompée de ligne, alors j'ai tenté la nouvelle ligne -

DSCN9773 allô ?

Posté par Lolabrok à 23:52 - Cartes p(h)ostales - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 août 2007

carte phostale

DSCN9757

nageant_3comme_nageantnageant_2cette nuit j'ai tenté de nager vers vous...

Posté par Lolabrok à 11:14 - Cartes p(h)ostales - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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