12 septembre 2007
clin d'oeil
"Chez moi le sentiment a toujours été intelligent. Si le sentiment est cécité, je n'ai jamais éprouvé de sentiment". Marina Tsvetaïeva
(- le portrait qu'a proposé Pietro Citati de cette femme dont la destinée me bouleverse depuis cet été, a été gâché soudain tandis que j'en lisais le dernier paragraphe dans "Portraits de femmes" - dramatisant le suicide de cette femme, il a tout simplement omis de parler de la dernière lettre de Marina, qu'elle n'adressait pas à son fils, mais aux voisins qu'elle chargeait de s'occuper du fils - ses derniers voeux.
Pourtant le premier paragraphe, l'entrée en matière commençait par rappeler que la correspondance de Tsvetaïeva était la plus belle de notre siècle - avec celle de Kafka.
Ce portrait n'a pas de sens. Balayé par une faute de compréhension, une omission peut-être tout simplement, (pire serait : par choix), par incohérence dans ses propos - l'auteur a capoté. Je n'arrive pas à me défaire de l'idée que c'est grave - et pourtant non ce n'est pas grave.)
31 août 2007
"Le nouvel amour"
c'est drôle, je lis ce livre comme j'aime lire parfois - dans le désordre. Cette fois-ci j'ai cherché à savoir comment finissait leur histoire d'amour, cela m'est maladif, j'ai une passion pour les fins. Elle ne correspondait pas à la fin du livre. J'ai vite compris qu'elle avait fini mal, mais il m'a fallu lire mot par mot comment elle avait pris fin, le pourquoi, je cherchais avidement le pourquoi - l'écriture de Philippe Forest ne le permet pas si aisément, il écrit par vagues et leur commencement, le ressac, reprend toujours quelques mètres avant celui des précédentes et se déverse sur elles et poursuit le cheminement un peu plus loin que la dernière.
Puis j'ai ouvert le livre au hasard, chaque jour à des pages différentes, ou parfois aux mêmes pages que j'ai relues, et j'y ai lu des vérités. Je comprends peu à peu ce qu'était cette histoire d'amour, comme si je récoltais des informations au fur et à mesure des confidences - elles sont toujours chaotiques les confidences, elles viennent d'ici, de celle-là, ou de celui autre. Il me semble qu'au lieu de lire, je reconstitue.
Un jour, bientôt peut-être, je lirai le livre dans son entier, du début jusqu'à la fin, et j'aurai la satisfaction de celui qui savait, je me dirai, ah oui, je m'en doutais, ah oui je le savais ! Et je lâcherai le livre au dernier mot dans un soupir immense, intense, soucieux, comme on lâche la main d'un ami dont enfin on saurait le secret, et qui vous quitterait ainsi.
Auparavant je poursuis d'écouter les divagations d'une conversation intermittente, hasardeuse - une histoire banale qui soudain prend sa dimension tragique, vivace, émouvante. Une histoire de perte, par la voix de celui qui voudrait comprendre ce que personne ne peut comprendre - et qui de livre en livre trace sa quête afin de ne pas perdre au moins le moyen.