02 novembre 2007

De la diablesse au con folâtre

C'était simple. J'en avais eu envie quelques jours auparavant au creux du ventre, ça m'est venu comme une idée soudaine quand je réfléchissais à la passivité quelquefois de mon corps dans les étreintes avec mon homme, et l'idée, je l'ai très bien visualisée, toutes les sensations s'éveillaient à l'intérieur et à l'extérieur de ma peau avant même que je n'accomplisse les gestes que je fantasmais, bien avant.

Les sensations pendant l'exécution réelle de la petite mise en scène, banale somme toute, vous verrez, ressemblaient fort à celles que j'éprouvais lors du fantasme. Par des gestes que je produisais pour la première fois sur mon homme je reproduisais miraculeusement des sensations que j'avais senties avant l'exécution par l'imagination, et cela m'a semblé merveilleux. La question de la répétition des gestes est centrale dans l'érotisme, celle de la réminiscence des sensations, la nostalgie érotique, et la question du renouvellement des sensations, la lassitude érotique, restent entièrement dépendantes de la première. Et quoi ! j'aime théoriser mes ébats au même moment que le con folâtre (un con intellectuel, ça vous en bouche un coin, hein!).

Le petit déjeuner a tardé, il téléphonait tandis que je préparais le plateau de fromages et de fruits et le thé pour les accompagner. Puis nous avons longuement discuté pendant que nous dégustions les petits mets. Nous étions assis en tailleur sur le matelas le plus bas, le plateau devant nous sur le matelas le plus épais, et nous nous étions même rhabillés pour l'occasion.

Il est difficile de me demander de sucer après avoir mangé. Je veux dire juste après avoir mangé, dans les minutes qui suivent - mais je n'attends pas la fin de la digestion pour laisser ma gourmandise vaquer à ses occupations les plus délicieuses. Nous avons donc bavardé encore un peu après le petit festin du matin, quand je me sentis enfin de glisser entre les jambes de mon homme, et entamer une sorte de dessert énorme.

Je n'avais pas en tête de laisser mon fantasme se réaliser. Je n'y pensais plus depuis la veille. Pourtant quand nos ébats ont commencé à perdre de leur rythme un peu, vous savez à ce moment où l'on ne sait pas encore qui va reprendre les rennes et lancer le feu d'artifice. Je relevais la tête, et me retournais vivement pour tendre mon cul à la bite bien échaudée, je portais encore ma robe que je relevais un peu sur les hanches. Nos corps s'allièrent avec facilité.

Mon homme encore en chemise, bleutée si je me souviens, avait dû basculer le poids de son corps en arrière sur ses deux bras, les mains à plat sur le sol, ses jambes éhontément ouvertes, écartées et molles comme celles de jeunes filles qui se font décoiffer le minou, oui oui mon homme. Il était d'une immobilité impassible. Il se maintenait dans un équilibre dangereux cependant mais...cela m'importait peu.

Ce qui m'importait, était le mouvement de pendule auquel je m'astreignais. Quand j'eus fini de me rincer l'oeil de chatte, je relevais mon cul et basculait afin que ma tête vienne à nouveau se prosterner devant la statue gluante. Je le suçais en vitesse, à gorge profonde et moins profonde, puis goulûment, puis du bout des lèvres. Et sans crier gare, mais comment aurais-je pu la bouche toute emplie, et bien emplie! je présentais à nouveau mon cul à l'office et décapitait le droit curé de mes petites lèvres luisantes et fermes. Pour cela il fallut exécuter une danse du diable, rouler des hanches autour du bâton exorcisé, le saluer fort bas et le porter bien profond.

Il fallut bien évidemment de règle lécher ses bottes, bien lécher les bottes. Voilà donc que je me retourne, la bouche gourmande et nerveuse, les lèvres retroussées autour de mes dents pour serrer l'éteinte, la salive bouillonnante, la botte bien cirée.

A peine mon cul reprit ses fonctions sur son axe vital, vital je vous le répète, bon ouvrier il pompait, pompait, Shadock consciencieux, ah la chaleur me montait à la tête, c'était l'Equatorial en plein Barbès, oh mon dieu j'aurais joui s'il n'avait fallu faire tomber cette foutue robe, ondulant le bassin tigresse porno je la retirai lassive, et - oh!

éjaculation !

Il l'avait pas vu venir, dites-donc.

Oui mais la diablesse est fourbe, que voulez-vous.

Posté par Lolabrok à 13:44 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur De la diablesse au con folâtre

    Ah grands dieux j'aime quand vous avez l'écriture érotique aussi rabelaisienne, aussi joyeuse, aussi endiablée et charnue et ronde et tendue et

    *OOOOOOHHHH !!!!*

    (Ah dites-donc, je ne l'avais pas vu venir.)

    Posté par Memorandhomme, 02 novembre 2007 à 17:06 | | Répondre
  • Wow... quelle chevauchée sauvage !

    Posté par Hubo Goss, 04 novembre 2007 à 12:32 | | Répondre
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