11 septembre 2007

"Some Disordered Interior..." notes sur le moi disjoint

Entre ce qui est "un mécanisme de moi " (le corps et ses traumatismes qui cherchent à reproduire et à combler les manques, le mécanisme qui fait tourner mon corps comme le monde tourne, et avancer - le vivant et le morbide ) et ce qui est "conscience de moi" (élan actuel, réflexion, lucidité, humanité - le survivant et l'alerte), il y a (dans la perspective de mon histoire personnelle) un écart de besoin - le premier nécessitant d'être aimé (un besoin d'immobilité), le deuxième nécessitant d'être désiré (un besoin de mobilité). Je me sens plus proche de "la conscience de moi"(que j'ai peut-être surdéveloppée), je ne fais qu'observer le mécanisme (que j'ai laissé vivre) et parfois je le réprime, pour que la conscience ait sa place aussi.

Mais tout cela, c'est de l'intime, de ces choses que certains doivent éprouver mais qu'ils n'expriment pas - parce que cela n'a pas de mots, parce que cela demande de s'extirper "absolument"- mais surtout parce que les mots échouent. Je suis beaucoup préoccupée par l'échec du langage dans l'expression, par ses limites précisément. Il y a des choses que je touche du bout de la conscience, mais que je ne peux pas dire, que je ne peux donc pas comprendre. Je ne veux pas tomber dans la folie, alors je veux donc bien ne pas comprendre certaines choses dont je pressens la présence ou l'existence.

J'apprends désormais à m'oublier un peu, à gâcher cette intelligence-là. Bientôt je dois cesser d'écrire.

Posté par Lolabrok à 13:37 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur "Some Disordered Interior..." notes sur le moi disjoint

    ils peuvent échouer car mal tranmis, ou mal reçus, acceptés, ou les deux. si l'on ne s'exerce et ne se confronte pas, comment ne pas se dire ensuite que l'on a échoué (le mot n'a pas de vie propre, c'est celui qui l'utilise qui lui donne vie, et donc échoue si ça ne fonctionne pas comme escompté)...

    ce que l'on arrive véritablement pas à exprimer, c'est différent de ce que l'on n'exprime pas par crainte (elle sait être inconsciente), justement, de ne pas être compris.

    Posté par Phuzer, 11 septembre 2007 à 18:11 | | Répondre
  • Cette conscience du gâchis d'intelligence peut se retourner contre elle-même, je trouve, et se désactiver. Il faudrait n'en faire qu'un grain de peau ... je reste naïf sur la possibilité d'un tel taxidermisme. L'abus de Kenneth White peut-être. Les mots empaillent mes sensations quand je parle de ses hanches, mais tant qu'ils la font frissonner, ils servent.
    Je n'insulterai pas les tiens en plaidant pour qu'ils trouvent le bon grain du livresque.

    Posté par Ugarte, 12 septembre 2007 à 00:21 | | Répondre
  • Non, n'arrête pas s'il te plaît... Ces notes, grain à moudre de l'esprit et du sentiment... Pourquoi en sens-tu la nécessité, au fait ?

    Posté par effeuillee, 12 septembre 2007 à 14:45 | | Répondre
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